Lucien Grassian

EXPOSE de façon permanente

Notre galerie est ouverte les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 18h. Egalement sur rendez-vous.
Rue Généraux Cuvelier, 26/2 – 6820 Florenville (Belgique)

L’artiste Lucien Grassian, architecte de formation, dessine et peint depuis plus de soixante ans. Sa première et seule exposition a eu lieu anonymement il y a seulement 2 ans, en 2020.

Ses œuvres sont toutes dans son atelier d’Outremeuse que (presque) lui seul peut fréquenter.

C’est naturellement par hasard que je le rencontre au détour d’une salle d’attente du CHU de Liège. Nos pertes communes de neurones font notre connaissance. J’apprends que la peinture l’aide dans son désespoir. Mon intérêt pour l’art fera qu’il me présentera ses recherches créatives quelques mois plus tard.  

Aujourd’hui, la galerie Ah ? Oh ! Art est fière de le représenter.

PARKINSON

Quoi de pire pour un artiste peintre de voir réduire ses mouvements et découvrir ses tremblements. Lucien Grassian déprime et finalement insiste dans ses gestes pour entrer dans ce qu’il appelle maintenant « sa peinture instinctive aléatoire ».

En tant qu’artiste jouant de la couleur, Lucien appréhendait la maladie mais pas celle qui fait maintenant partie de son art. Sa hantise était de se retrouver aveugle.  

NOIR VERS BLANC

L’évolution de sa maladie fait subir à son atelier un nettoyage par le vide. Paradoxalement, alors que ses yeux ne souffrent d’aucune faiblesse, Lucien fait rase table de tous ses pots de couleurs pour ne garder que le noir et le blanc.  « J’ai vite compris que mes gestes ne me maîtrisaient plus. J’ai donc simplifié mon atelier au minimum, ce qui me semblait opportun afin de garder contact avec quelques pinceaux. Je n’ai plus que 2 tubes de peinture à ouvrir ! ».  

Les œuvres de Lucien Grassian prennent une valeur différente dès lors que l’on connait l’histoire de l’artiste. Les touches de peinture noire et blanche se mélangent, se superposent. La texture du pinceau est présente et fait partie de la démarche. Lucien démontre maîtriser encore le graphisme de ses taches. L’organisation des formes et des traits suggèrent des paysages abstraits si le lecteur veut prendre la peine de s’évader.

Le cadrage – l’artiste utilise des cadres dont le passe-partout est déjà prédécoupé en carré – conduit la rigueur en opposition à la spontanéité des traits.

Et pour finir, il souligne : « Mes peintures ne sont pas signées. Vous comprendrez pourquoi ».

Lucien ne veut plus voir personne. Son handicap le peine : « La déchéance se voit dans le regard des autres et mon cerveau n’étant pas (encore) atteint de la maladie d’Alzheimer, je suis conscient de ma dégénérescence ».

Infos pratiques :

  • Peinture / Gouache sur papier.
  • Contact : l’artiste est représenté par la galerie.